Visite du marché aux bestiaux de Laissac, des animaux et des hommes

L’office de tourisme de cette petite ville de l’est de l’Aveyron organise souvent des visites guidées de ce marché, de 07h45 à 09h45, et cela vaut même le déplacement depuis Montpellier.

Pour cet article, je vais utiliser force points d’exclamation, car croyez-moi, cela les vaut ! Et veuillez m’excuser pour la qualité moyenne de mes photos, je n’ai pas tant l’habitude de photographier du « matériel » vivant, et Dieu sait que les bovins du marché aux bestiaux de Laissac le sont, vivants !

En arrivant ce matin-là, sur le parking du foirail, la 1ère chose qui nous a frappés, David et moi, c’est le bruit incroyable qui règne ici. Second marché de France pour les bovins, il s’est, ce mardi matin de visite, vendu plus de 1300 bêtes !

Après un film de 20 mns déjà fort intéressant, car dédié à la base à des professionnels, le clou de la visite pour nous, c’est la possibilité de monter sur une passerelle au-dessus du marché.

Il est impressionnant d’assister au ballet incessant des ouvertures et fermetures d’enclos pour déplacer tout ce beau monde, des montées d’animaux dans les camions, des coups de bâtons sur la croupe pour les diriger et les faire avancer, d’entendre les meuglements des bêtes mélangés aux cris des hommes, ainsi que les clics de portes, de voir les transactions entre acheteurs et vendeurs, et de ressentir l’effervescence qui règne ici, une vraie ruche ! Avec de grosses grosses abeilles ! 😀

La tension est palpable, ces animaux sont d’habitude en liberté dans leur champ, et réagissent comme « ils peuvent » à cet enfermement et ces changements de box, aussi rapides soient-ils.

Ici, une discipline de maître règne, il ne peut pas en être autrement. Une fois que toutes les bêtes sont installées dans les box par leurs propriétaires, dès potron-minet, un rideau est tiré entre les enclos des vaches destinées à la boucherie et celles qui iront paître dans les pâturages. Puis on demande à tous ces messieurs (je n’ai vu qu’une seule femme…) de sortir jusqu’à ce que l’heure d’ouverture du marché n’arrive…tout cela pour éviter les transactions « antérieures » et laisser sa chance à tous. Ils partent dans un des 3 restos du foirail prendre ce qu’on appelle « un petit déjeuner à la fourchette », avec force tripes, cafés, charcuterie et tête de veau (cf mes Brèves de dégustation en Aveyron).

On a beaucoup de chance de pouvoir assister à ce genre de visites, les acheteurs et les vendeurs pourraient se sentir observés, mais je crois que plus forte est l’envie de montrer une partie de leur métier, ses codes, la fierté de cette activité, et finalement la transparence qui y règne.

En plus de tout ce qu’on voit de la passerelle, il y a un mot qu’on a beaucoup entendu depuis le matin, c’est « de gré à gré ». Il s’agit de l’accord de confiance fait entre les 2 parties, en tapant ensuite dans la main, un geste appelé « la patcha », et on ne rigole pas avec la parole donnée. Cela a parfois un côté « Pagnol », mais cela n’empêche pas la sincérité, l’honnêteté et le professionnalisme.

La jeune génération prend le relais, mais pour autant les transactions se négocient toujours en francs !

Un marché ovin de moindre importance et moins spectaculaire, se tient ensuite dans un autre hangar.

La visite est à 4€, pour cette année 2017.

http://www.laissac-tourisme.com/fr/marche.html

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