Une tradition gourmande en Aveyron : les gâteaux à la broche

Il y a quelques temps déjà, sur le marché de Villefranche-de-Rouergue, en Aveyron, j’ai rencontré Laurence, une dame produisant ses gâteaux à la broche, qui m’a conviée à venir chez elle, dans un village proche, découvrir les secrets de fabrication de ces derniers. Elle m’a reçue très simplement au sein de sa ferme pour me montrer son activité.

Je suis sûre que beaucoup d’entre vous ont déjà remarqué ces curieux cônes de pâte, sans savoir de quoi il s’agissait… pour les autres, connaissez-vous la technique pour les obtenir ?

La confection des gâteaux à la broche, c’est une tradition typique du nord de l’Aveyron, et transmise chez elle de mère en fille (sa maman le faisant dans une cheminée traditionnelle). Laurence a décidé de se recréer sa petite cheminée portative, pour pouvoir la déplacer au besoin sur les marchés de producteurs, et pouvoir rester dans sa ferme lorsqu’elle doit être sur place. Elle utilise du chêne passé auparavant à l’étuve, pour qu’il crépite moins que d’autres bois.

Ici c’est sans chichis, elle fait ses gâteaux dans son garage !

Il lui faut environ 30 mn pour faire 2 gâteaux de taille « classique », et elle en fait pas mal d’affilée…à mon arrivée, assez tôt le matin (enfin, pour des vacanciers…) 8 trônaient déjà sur la table.

Il fait bon auprès de son petit four…détail savoureux, mon « hôtesse » a essayé plusieurs matériaux pour avoir un peu moins chaud, mais le plus efficace reste…la boîte à œufs (regardez sur la photo, contre sa poitrine) !

Et ça tombe bien, des œufs, elle en utilise ! Pour confectionner un énorme gâteau, il faut 24 œufs, 1 kilo de sucre, 1 kilo de farine, 1 kilo de beurre, un peu de rhum et une pointe de vanille pour un arôme très doux. Pour faire les tailles plus classiques, elle se sert dans le saladier, en fonction du poids de pâte voulue.

Au départ, elle prend des moules en inox qu’elle entoure de papier kraft (elle a des patrons en bois pour les différentes tailles) en le collant avec de la pâte.

Une fois posés ses cônes ainsi préparés sur la broche, au fur et à mesure, elle verse la pâte, puis en rajoute à la louche, et ainsi de suite. Elle peut rapprocher plus ou moins la broche du feu en fonction de la cuisson voulue…c’est donc un travail à surveiller en permanence ! La plupart de ses moules sont des cônes, mais il en existe aussi un très gros de forme cylindrique.

Opération autrefois faite à la main par les anciens, Laurence, elle, a équipé sa broche d’un petit moteur pour rôtisserie, dont elle augmente la vitesse de rotation.

Ensuite, en enlevant juste un peu de kraft à la base, le démoulage est assez facile, mais attention, vous aurez, vous les gourmands, toujours le kraft au milieu. Pour déguster le gâteau, on le découpe en tranches, creuses bien sûr, pour lui garder sa forme. Détail pratique, il peut se conserver un bon mois.

Et alors le goût, justement ? L’odeur sur place, près de la petite cheminée, est assez douce, et fait penser à celle des madeleines quand on les cuit. En bouche, c’est exactement le goût entre la madeleine et le quatre-quarts. C’est doux, ça se mange tout seul, et c’est bien le problème…! 😀

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1 réponse

  1. Elisabeth dit :

    Quelle gentillesse de sa part d avoir partagé sa recette et son savoir faire , je vais essayer cet été avec un barbecue incliné !
    Merci pour vos “délicieuses ” balades !
    Elisabeth

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