Promenade le long du Vidourle, entre Salinelles et Sommières

Je vous “emmène promener”, comme disait ma mère-grand, dans le Gard, en 2 saisons différentes, d’abord l’été puis au tout début du printemps, dans 2 charmantes et très différentes communes limitrophes. L’une est un village, l’autre une petite ville, et sont posées toutes les deux au bord du fleuve Le Vidourle, assez dévastateur dans ses crues, vous allez voir plus loin un élément indicateur qui le prouve.

Les périodes différentes vous feront d’abord tout voir en bleu et vert, limite fluorescent, à Salinelles puis un peu plus gris ce jour-là à Sommières. Mais à chaque fois quel dépaysement, à seulement 30 kms de Montpellier ! Une journée pour voir les deux, avec un pique-nique au milieu, que demande le peuple ?

Je ne serais pas étonnée que la plupart d’entre vous ne connaissent pas Salinelles…avant que la Gazette ne m’y indique une balade (qu’on s’est bien gardés de faire, car autant j’adore la Gazette, autant on s’est toujours perdus à chaque fois qu’on a tenté de suivre leurs balades ! 😀 ) je n’en n’avais jamais entendu parler.

Je suis un peu de mauvaise foi, car c’est grâce à cette proposition de balade que j’avais repéré le plus étonnant ici, à savoir un lavoir du 19ème siècle, avec sa source protégée par un petit bâtiment muni d’un dôme, et une noria attenante, magnifiquement conservés.

La noria face aux vignes et son système hydraulique semblent avoir fonctionné il y a peu tellement l’ensemble est complet.

On voit bien la place que les chevaux avaient pour entraîner le système.

Nous avons pique-niqué là, face aux vignes et à des arbres dont on n’a pas su dire si les souches étaient imbriquées intimement ou si la souche unique s’était divisée.

Nous sommes ensuite remonté (le lavoir se trouve en contre-bas) dans la rue principale, déserte à cette heure pour continuer notre exploration de Salinelles.

Au centre du village trône un château façon grosse demeure, du 17ème, dont la cour abrite une autre noria. La serrure est étonnante, tout autant que cette feuille prisonnière du sol.

Dans la “grand rue”, se trouve une ancienne chapelle du 19ème…quelque peu réhabilitée, puisqu’elle sert maintenant d’habitation ! Plus haut, la mairie jouxte l’église.

Le clocheton du temple protestant de 1827 renferme la cloche de l’ancien temple de Sommières. Datant de 1583, elle est la plus ancienne du canton.

On sort ensuite du centre du village pour rejoindre le cimetière, qui semble laissé à l’abandon, ce qui ne manque pas de charme.

On se laisse descendre jusqu’au Vidourle, au bord duquel subsistent de vieux moulins.

Puis nous quittons Salinelles pour rejoindre Sommières, en s’arrêtant en chemin à la chapelle romane de St-Julien-de-Salinelles, des 11 et 12ème siècles, qui accueille souvent des expos d’artistes.

Nous arrivons à Sommières par la porte fortifiée de cette cité médiévale, et plus précisément par le pont qui enjambe le Vidourle, fleuve qui a aidé au développement de la ville au Moyen-Age.

Tout cela semble classique. Ce qui l’est beaucoup moins c’est qu’à une époque, le pont continuait dans la ville et était donc recouvert de maisons. Le lit du fleuve a ensuite été comblé en certains points, et le pont est “devenu” une rue ! Cette rue, Marx Dormoy, a été en partie construite sur les arches du pont romain. Le pont s’étendait donc de part et d’autre de la tour à l’horloge.

Plus étonnant encore, dès le pas de cette grande porte franchie, à gauche, on descend un escalier pour arriver sur la place du marché, qui elle, est donc finalement dans l’ancien lit de la rivière ! Ce pont a été un bel exemple de pont habité jusqu’au Moyen-Age, puis 11 arches ont été fermées pour installer une place forte royale.

Sous ces arches s’installe aussi le marché qui a toujours été très prospère. Le travail des peaux et des cuirs a été longtemps une activité économique importante dans Sommières.

Maintenant que vous avez vu la place du haut…regardez bien le macaron-repère qui est en haut de l’escalier qui donne sur la place, sous la fenêtre à grille…de plus près…le 9 septembre 2002, (rien de moins que le jour de mes 30 ans !), la place était…sous l’eau ! Les crues du Vidourle, qu’on nomme les “vidourlades” peuvent être imposantes !

Dans la rue principale, à côté d’une boutique, sont notés les différents niveaux d’inondation depuis 1 siècle…au rez-de-chaussée, dans la ville, on n’est clairement jamais épargné. Pourquoi déborde-t-il comme cela, je ne sais pas. J’ai lu qu’une grande partie étant bétonnée, ceci faciliterait cela, mais je ne suis pas spécialiste. Ce que je sais, c’est qu’en automne, on se prend de telles averses, même à Montpellier, que ça doit coincer en termes d’évacuation ! 

Balade à Sommières Sillage d'Anne (53)

L’ensemble “castral” de la cité, à savoir donjon, chapelle, logis, remparts, etc…est inscrit au titre des Monuments Historiques et l’enceinte urbaine est attestée dès le 13ème siècle. Je ne sors pas ces infos de mon chapeau mais du plan donné par l’OT de la ville ! 

On chemine ensuite de ruelles en portes.

Et de façades en places…sur la place de la République, nous avons eu la chance de découvrir l’excellent chocolatier Courtin ! 😉

Pour prendre de la hauteur, je vous conseille de monter rendre visite au château. On ne le visite pas à cette époque, si un jour vous y passez, vous me direz ce qu’on y voit ?

La vue sur la ville, l’église, et les belles demeures est bien agréable.

On redescend en passant devant et derrière l’église, sur laquelle on a peu de recul, tant elle est imbriquée dans la ville.

Nous clôturons notre promenade dans Sommières par une visite à l’esplanade, avec son magnifique alignement de platanes, ses arènes et son moulin sur le Vidourle, forts d’une belle boite de chocolats…ceux qui ont suivi ont compris ! 😉 A défaut d’avoir acheté la fameuse et détachante Terre de Sommières.

J’ai appris, toujours grâce à l’OT de la ville, que cette Terre de Sommières était extraite d’une mine de Salinelles, qui a fermé il y a une trentaine d’année et il n’en reste rien. A l’époque, elle partait de la gare de Sommières (devenue un hôtel) en grandes quantités. Maintenant elle vient du Maroc, d’Espagne ou du Portugal. Elle a les mêmes propriétés et a gardé malgré tout son appellation d’origine « Terre de Sommières ».

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8 réponses

  1. Avid Muriel dit :

    Ça me donne une idée de balade ..j’aime la mer mais une incursion à la campagne me plaît aussi ..moi qui suit une urbaine pur jus… Ces temps ci j’ai fait une balade à Sauve et sa mer de rochers …avec un temps idéal…
    Merci Anne de nous faire partager vos escapades ..

  2. Brigitte FAUCHER dit :

    Belle promenade ! Merci

  3. Ranc dit :

    Merci Anne d’avoir mis des photos de la chapelle St Julien avec des photos de mon expo de peinture. Un regret ? Qu’on ne voie pas mieux ma peinture.
    Antoine Ranc (sur Linked In aussi)

    • Anne dit :

      Ça alors, Antoine, c’est un hasard ! Je ne savais même pas que c’était vous…en même temps, je ne vous “connais” que par Linkedin en effet. Quelle coïncidence ! En effet si j’avais su, j’aurais fait un zoom ou deux…mais je n’ose jamais prendre trop de photos des œuvres, j’ai l’impression de les “voler” ! Bon WE.

  4. Avellaneda Josselyne dit :

    Superbe reportage photo de Salinelles à Sommières !

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