Brèves de dégustation en Aveyron

Voici un compte-rendu de mes moments de dégustation préférés, après plusieurs jours en Aveyron.

Les produits :

La gelée de roses du Dr Régi :

Oui, je sais ce n’est pas banal, un médecin qui fait des confitures…enfin si, ce doit être courant…ce qui ne l’est pas, c’est de les vendre dehors, sur une étagère devant sa porte, en demandant aux gens de mettre 3€ dans la boite aux lettres avant de se servir ! Cela se passe à Peyre.

Cette gelée a donc pour moi un goût particulier. Le goût d’une belle confiance, d’une générosité naturelle qu’on pourrait croire perdue de nos jours. J’adore en plus toutes les confitures de roses ! Celle-ci contenait de beaux pétales entiers, était bien sucrée mais pas trop non plus, et valait plus que 3€. Je l’ai baladé un peu partout dans le village ! 😃 En face, se trouvait un rosier aux odeurs exceptionnelles, fruitées et douces, j’ai aimé imaginer que c’étaient les roses de « ma » gelée.

Le Bleu des Causses AOP, goûté après une visite à la Ferme du Gazenas, près de Rodez, chez des agriculteurs qui produisent du lait de vache pour ce fromage, et qui viennent d’ouvrir l’exploitation à la visite.

La dégustation de ce fromage a compté autant que la rencontre avec les gens qui en sont à la base, et cet apéritif très agréable pris avec eux pour découvrir le fruit de la traite de leurs vaches, nous a donné l’impression d’être chez des amis.

La version goûtée ici était un Bleu des Causses “Syndicat AOP” que nous avons tout simplement a-do-ré ! Et pas seulement par l’effet “on est à la ferme, on est dans l’ambiance!”, on l’a encore préféré à la maison !

Ce fromage a bien sûr de gros points communs avec un Roquefort, le même pénicillium Roqueforti, affiné en caves naturelles, mais du lait de vache en lieu et place du lait de brebis. Pour nous, je crois qu’il fera même concurrence avec le Vieux Berger, c’est dire… il est très fort en goût et en bleu, mais moins amer qu’un Roquefort et pas trop crémeux/gras non plus. J’imagine que cela dépend aussi d’un temps d’affinage. En tout cas on a aussi appris qu’on peut faire fi des dates et le laisser un peu plus longtemps au frigo s’affiner d’avantage.

Les ratafias du Domaine Laurens, à Clairvaux-d’Aveyron.

En bonne languedocienne, je suis toujours étonnée qu’on fasse du vin en Aveyron. Et pourtant il y a bien une AOC Marcillac, à laquelle appartient ce domaine, situé dans un adorable village aux maisons rouges et aux côteaux ensoleillés.

Après une visite des caves, nous avons rapporté des ratafias blanc, rouge et au coing. Ce sont des mélanges d’eaux-de-vie et de moûts de raisin ou de fruits, plutôt sucrés et doux, parfait pour les apéritifs…ou pour accompagner un Bleu des Causses ! Celui au coing est intéressant par son effet “fruit” et pas pâte de coing, donc un peu astringent.

Au restaurant :

Une pause déj qui ressemble au bonheur, avec vue sur le Tarn et le Viaduc de Millau, depuis Peyre, c’est à la petite guinguette, « L’Estival ». Un accueil très sympathique, une cuisine familiale et beaucoup de simplicité. J’ai adoré la flaune de mon café gourmand. La flaune, c’est un des gâteaux typiques d’ici, à la recuite et à la fleur d’oranger et j’ai trouvé à l’Estival l’accord parfait fleur d’oranger/sucre.

Il y a encore une France qui mange un repas complet pour 14€ ! Et dans ce menu, servi au déjeuner en semaine : buffet d’entrées, viande et son accompagnement, fromages, dessert maison, ¼ de vin et café ! Cette France, c’est nous, ce peut être vous, c’est celle qui déjeune dans un des 3 restos du foirail du Marché aux bestiaux de Laissac, « La Bascule ».

Ce resto accueille les agriculteurs pour un « petit déjeuner à la fourchette » comme on dit ici. De 06h30 à 11h00, vous pouvez déguster avec eux tripoux et tête de veaux, charcuterie et fromages, avant d’aller vendre ou acheter des bovins au marché, enfin non, pour vous, assister à la visite guidée !

J’y ai dégusté une côte d’agneau tellement bonne, que j’ai mangé le gras qui l’entourait avec, ce qui est rare, quand on me connait. La viande y est évidemment excellente ! C’est un bar-restaurant à l’ancienne, tenu par un jeune couple méritant, ce qui ne gâche rien.

(NDLR : Article ici sur cette expérience du marché aux bestiaux )

Chambre/table d’hôtes :

Venez dormir chez les agriculteurs ! A la chambre d’hôtes de Berthémont, chez Anne et Sébastien Nicouleau, à Flavin, non loin de Rodez, on a très bien dormi et très bien mangé…ici, œufs maison (j’ai vu les cocottes), lait du voisin (de ses vaches, j’entends…), terrine et jambon confectionné par la famille, après avoir tué le cochon ! Du super local ! Moult confitures et gâteaux maison le matin.

De plus, Sébastien a accepté de nous faire assister à la traite de ses brebis, dont le lait sert uniquement à fabriquer du Roquefort. Nous nous attacherons donc le plus souvent à l’avenir, à trouver des chambres d’hôtes à la ferme.

Bref, après quelques jours en Aveyron, je retrouve ce que j’y ai toujours trouvé, partage et générosité, que ce soit dans les restaurants comme chez les gens ! 😊 ❤

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